Les DNV européens les moins taxés en 2026
« Moins taxé » est une expression réductrice. La réponse dépend du type de revenu, de son montant et de la durée prévue du séjour. Le classement honnête comporte plusieurs niveaux, pas de gagnant unique.
Niveau 1 : zéro structurel (cas spécifiques très précis)
La Croatie l’emporte sur la clarté. L’article 9.1.26 de la loi sur l’impôt sur le revenu des personnes physiques exonère par principe les revenus étrangers perçus durant la période DNV. Pas de calcul sur 183 jours, pas de formulaire spécial, pas d’énigme d’éligibilité. 18 + 18 mois = 36 mois à 0% d’impôt croate sur les revenus étrangers.
L’Islande gagne sur la simplicité. Le plafond du visa à 180 jours signifie que vous ne pouvez pas rester assez longtemps pour devenir résident fiscal. Pas d’obligation de déclaration, pas de kennitala, pas d’intégration au système fiscal islandais. Le compromis : limitation stricte à 6 mois, pas de renouvellement dans les 12 mois.
Chypre à l’extrême. Statut non-dom (17 ans), société chypriote détenue, règle des 60 jours (contre 183) et régime européen des dividendes peuvent aboutir à des taux effectifs sous 5 % pour plus de 200 000 € de revenus structurés. Exige une présence réelle et une substance à Chypre, pas une simple résidence sur papier.
Niveau 2 : faible taux, éligibilité restreinte
Italie Forfettario : 5 % forfaitaire pour les 5 premières années sur un chiffre d’affaires auto-entrepreneur jusqu’à 85 000 €, puis 15 % pour la suite. Limite : seuls les indépendants en entreprise individuelle sont éligibles (pas de structure de société italienne). Le plafond de 85 000 € est strict. Idéal pour consultants solos, développeurs freelance et créatifs.
Roumanie : 10 % forfaitaire pour résidents fiscaux sur revenus mondiaux. Mieux : la loi 69/2023 exonère totalement les salaires étrangers si séjour < 183 jours. La Roumanie a rejoint Schengen en janvier 2025, c’est donc une base pleinement connectée à l’UE.
Hongrie : 15 % forfaitaire sur revenus mondiaux pour résidents fiscaux. Simple, prévisible, bas. Coûts structurels : pas d’inclusion familiale, pas de résidence permanente, pas de citoyenneté via la White Card, traité fiscal US terminé en 2024.
Niveau 3 : régimes phares avec réserves
Espagne Beckham : 24 % forfaitaire sur revenus d’emploi espagnols jusqu’à 600 000 € pendant 6 ans (puis 47 % au-delà). Disponible pour salariés et indépendants éligibles n’ayant pas été résidents fiscaux espagnols dans les 5 années précédentes. Le régime ECPA complet s’applique toujours sur les revenus de capitaux et hors Espagne.
Portugal IFICI : 20 % forfaitaire sur revenus d’emploi ou indépendants portugais liés à activités scientifiques ou innovantes pendant 10 ans. La plupart des travailleurs à distance ne sont pas éligibles : le filtre d’éligibilité est déterminant.
Grèce Article 5C : réduction de 50 % du revenu imposable d’emploi grec pendant 7 ans. Taux effectif sur un salaire de 80 000 € d’environ 22 % après réduction, plus charges sociales. Ouvert à ceux qui transfèrent leur résidence fiscale en Grèce.
Niveau 4 : taux standards
L’Estonie (22 % forfaitaire), la Lettonie (25,5–33 % progressif), Malte (10 % forfaitaire sur travail autorisé après exonération 12 mois, plus non-dom remittance) et la Slovénie (16–50 % progressif) complètent le classement.