Position fiscale du DNV Italie en 2026
L’Italie considère une personne comme résident fiscal si elle y passe plus de 183 jours au cours d’une année civile, ou si le domicile inscrit à l’Anagrafe ou le centre des intérêts habituels sont en Italie. La plupart des détenteurs du DNV dépassent au moins un de ces seuils lors du premier cycle annuel de leur titre, rendant la question fiscale essentiellement celle du choix de régime.
L’Italie est singulière parmi les visas DNV européens en proposant deux régimes fiscaux réellement adaptés aux plages de revenus courantes des nomades numériques. La décision se résume généralement à un seuil unique : 85 000 € de chiffre d’affaires annuel brut.
En dessous de 85 000 € et travailleur indépendant, le régime Forfettario est presque toujours préféré. C’est un régime forfaitaire : 5 % les 5 premières années pour activité nouvelle (avec conditions d’éligibilité), puis 15 % ; appliqué à un coefficient de revenu présumé (souvent 78 % des facturations brutes pour les prestations de service). Pas de TVA facturée ni déclarée, et une charge administrative notablement allégée par rapport au régime ordinaire.
Au-delà de 85 000 € ou salariés d’entreprises étrangères, le régime Impatriati est souvent plus avantageux. C’est un régime d’exonération : 50 % des revenus éligibles sont exonérés d’impôt italien pendant 5 ans (60 % avec un enfant mineur à charge). Plafonné à 600 000 € par an. Éligibilité conditionnée à l’absence de résidence fiscale italienne lors des 3 années précédentes et à un engagement contraignant de résidence de 4 ans avec effet rétroactif.
Sans ces régimes, les détenteurs du DNV sont soumis à l’IRPEF standard : 23 % jusqu’à 28 000 €, 35 % jusqu’à 50 000 €, 43 % au-delà, plus surtaxes régionales et municipales entre 1 % et 4 %. Des taux forfaitaires s’appliquent aux plus-values (26 %), revenus d’investissement (retenue à la source de 26 %) et revenus locatifs à court terme (cedolare secca 21 % ou 10 %). Les cotisations sociales INPS, entre 24 % et 28 %, s’ajoutent quels que soient les régimes.
Pour la plupart des cas réalistes de revenus DNV, Forfettario ou Impatriati conduisent à une charge fiscale et sociale combinée entre 25 % et 31 %. C’est compétitif par rapport au régime Beckham espagnol et plus avantageux que le système post-NHR portugais, notamment pour les freelances tech et salariés de revenu moyen.